Mise au point du prince René Douala Manga Bell

 

 

Mise au point du prince René Douala Manga Bell 

 


Suite à un article paru dans vos colonnes dans l’édition du jeudi 10 novembre 2005 sur les prétentions des Bassa de Douala au poste de délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, je vous prie de bien vouloir publier dans votre prochaine édition la présente mise au point qui, je l’espère, permettra de lever définitivement un malentendu sur l’histoire de la ville de Douala.

Avant le XVIIème sicèle, les Bassa et les Bakoko occupaient déjà l’espace qui va s’appeler plus tard Douala, en souvenir de Ewale Mbedi, l’ancêtre éponyme des Duala, qu’ils ont accueillis bien avant l’arrivée de la “ Mouette ” de Gustav Nach-tigal au nom de l’Empereur allemand Guillaume Ier de Hohenzollen. Cette ville s’appelait Monaschambeach (ce qui signifie à peu près “ la ville des Bassa ”).

Un détail curieux dans l’histoire de la ville de Douala mérite d’être relevé. Les Bakoko, des riverains, habitaient dans le village Bonanjinje à Deido, à l’endroit précis où sera planté plus tard l’arbre oracle (le grand fromager) des Bonebe-la qui s’est effondré il y a quelque vingt ans. Ces Bakoko ont été absorbés par les Duala de Bonadoo, ils se sont aujourd’hui fondus dans la communauté des Bonama-toumbé dans l’arrondissement de Douala IV. Par contre, les Bassa, quant à eux, ont toujours vécu dans l’hinterland. Ce sont aujourd’hui les Sodiko de Douala IV.

Le président du Nsaa du Wouri ne doit pas perdre de vue que les “ Massosso ma Nyambé ”, nés par le truchement des mariages entre les Bakoko, les Bassa et les Duala ne se sont jamais posé de questions de quelque nature sur leur sort respectif, du simple fait que la ville porte le nom de Douala depuis 1901, sous la houlette des rois bell et Akwa (sous l’égide du Ngondo) qui ont signé avec les Allemands le traité germano-Douala du 12 juillet 1884.

Ngombé Gilbert Thomas n’en pense pas moins. On dit couramment “ Bakoko de Douala ” ou encore “ Bassa de Douala ”. Mais encore, et c’est très important, un Duala, un Bakoko ou un Bassa nés à Douala peuvent devenir à tour de rôle délégué du gouvernement à Douala. Mais mieux que cela, c’est ma position sur la question, ce poste doit être définitivement supprimé, chaque maire élu s’occupant de son arrondissement et répondant de son action devant ses électeurs qui pourront à tout moment retirer leur mandat à ceux qu’ils ont librement élus. Ce ne sera que justice, en toute démocratie.

J’espère que cette mise au point, à l’heure où le grand Sawa se prépare à l’événement annuel du Ngondo, servira à couper court à toutes ces querelles stériles et inutiles qui nous font perdre de vue la réalité de notre destin.


Par Prince René Douala Manga Bell (au milieu) Chef supérieur canton Bell
Le Messager Le 23-11-2005

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