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Douala 5ème Le Canton Bassa Exorcise Les Démons De La Casse

La Nouvelle Expression
Ses chefs ont purifié les locaux calcinés de la sous-préfecture et de la mairie.

"Nous sommes venus exorciser le mal, nous avons purifié les lieux, et nous les avons également bénis,", traduction française des incantations en langue bassa, que les chefs de ce canton ont scandées hier. Ils étaient réunis dans la cour de ce qui reste de la mairie de Douala 5ème. Cinq d'entre eux, dont le chef supérieur Mbodi Epée Gaston, remuent avec des balais, un liquide blanchâtre ou surnagent des herbes et feuilles de plantes, dans un mortier. D'un geste unique, ils sortent tous leur balai et à l'unisson aspergent la foule. Commencent alors les prières des représentants des autres communautés résidant à Douala 5ème : Banen, Bassa de la Sanaga maritime, Ewondo... Mathurin Tchuenté de Bepanda viendra au nom des Bamiléké " piétiner les démons qui ont incendié ces infrastructures ". Les fils du grand nord Cameroun ont invoqué Allah pour qu'il " punisse les coupables " et donne la paix à cet arrondissement. La mixture sera ensuite aspergée dans les bureaux calcinés de la mairie. Préparée sur place, Le mélange sert à " tenir à l'écart tous ceux qui tenteront encore de s'en prendre à ses locaux ". Et pour l'avoir les gardiens de la tradition s'y sont mis dès la fin de leur procession. Dans un mortier, des feuilles d'arbre (une dizaine à peu près) ont été minutieusement disposées. L'officiant, le chef Mbodi y a ajouté de l'eau, des graines de jujubes, une rasade de vin de palme et une larme de whisky. Pendant le mélange, un autre chef à l'accoutrement particulier se distingue : chapeau noir ou débordent deux plumes rouges ; son balai est noué avec du fil rouge sur lequel sont greffés deux cauris, il mâche d'autres jujubes, arbre de la paix dans une autre main, il implore les ancêtres. Le chef Mbodi Epée du canton Bassa souligne a la fin de la cérémonie que tous ceux qui ont trempé dans ce drame seront sévèrement châtiés par les ancêtres. C'est aussi le souhait de Françoise Foning. Selon la maire de Douala 5ème, les ancêtres des bassa doivent se joindre à ceux de son village pour livrer les fauteurs de trouble, car c'est vite dit qu'elle a brûlé elle-même sa mairie, " je n'y suis pour rien, je demande la justice divine ".martèle-t-elle.

Le sous-préfet Gounou Gabriel qui a accueilli la forte délégation des chefs traditionnels un peu plus tard cette même matinée, dit espérer qu'on saura dans les brefs délais ce qui s'est vraiment passé. A l'esplanade de cette sous préfecture, on a eu droit au même rituel.

Satisfaits de leur mission, les chefs du canton Bassa se sont engagés à être les gendarmes de leur population, pour que les casses de février dernier ne se produisent plus. Ils sont sûrs d'avoir le soutien des ancêtres, la preuve : la forte pluie qui s'est abattue sur la ville de Douala la nuit précédente. " Les dieux savaient qu'on venait, on leur a confié notre démarche, par cette pluie ils nous ont précédés dans la purification " précise Dr Banasoubek, chef des Bonamoussadi.

Une purification dont l'efficacité est douteuse selon quelques sceptiques, ils soutiennent que la mairie est située dans le canton Akwa nord, à un kilomètre environ du premier quartier du canton Bassa : Kotto. Et même la présence de certains chefs, notables Akwa à cette cérémonie n'arrive pas à les convaincre.

Carole Yemelong

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