Article apparue dans Aurore plus

N°1495 du 16/04/2013

                         Revendications-Question de représentativité

 

                              Les Nsa’a du Wouri dénoncent leur exclusion sous le régime de renouveau

                        A la suite des investitures pour les sénatoriales dans le Rdpc et dans la perspective des échéances électorales à venir, et même des nominations de 30 autres sénateurs par le chef de l’Etat, ils réclament une meilleure prise en compte.

                        Le Canton Bassa du Wouri, à travers l’Association Nsa’a qui regroupe des élites et forces vives de cette communauté autochtone composée de 22 villages de la capitale économique n’est pas à sa première montée au créneau. On se souvient qu’à plusieurs reprises déjà, elle est sortie pour revendiquer le hold-up de ses terres par des prédateurs fonciers, mais aussi pour revendiquer l’éclatement du départ du Wouri en deux départements distincts. Du fait qu’elle occupe les ¾ de la superficie de la ville de Douala. Car, en dépit de ce qu’elle est la communauté autochtone pionnière de la ville de Douala, dont l’hospitalité a permis aux deux autres communautés autochtones (Bakoko et Douala) de s’installer, elle est royalement ignorée dans la gestion participative des politiques publiques et même politiciennes.

                        La Communauté Bassa du Wouri vient encore d’avoir la preuve cinglante avec les investitures des candidats pour les sénatoriales dans le Rdpc. Sur les cinq listes constituées lors des investitures, pour un total de 90 pré-candidats (soit 45 titulaires et 45 suppléants) un seul fils du Canton Bassa du Wouri y figurait en la personne de S.M. Mbodi Gaston, chef supérieur de Canton. Non seulement, il figurait dans une liste peu sérieuse, pis encore, il a été présenté comme ressortissant de la Sanaga-Maritime. Et, au final, dans la liste investie par la Comité central et qui vient brillamment d’être élue aux élections sénatoriales du 14 avril 2013, sur les 14 candidats (soit 7 titulaires et 7 suppléants) aucun n’est originaire du canton Bassa du Wouri.

                        Ce qui ne répond pas aux exigences du code électoral des scrutins de listes au Cameroun, sur la représentation sociologique et aux dispositions de la Constitution du Cameroun sur la protection des minorités. «La répartition sociologique des postes politiques dans ce département… devrait respecter cette réalité pour la cohabitation pacifique, synonyme du développement tous azimuts de tous au lieu de l’exclusion que nous subissons», déplorent les élites Nsa’a du Wouri dans une énième lettre adressée au Président de la République et président national du Rdpc pour dénoncer l’exclusion qui est la leur. Notamment en faisant constater que sur les 14 investis dans la liste Rdpc dans la région du Littoral, 4 sont originaires du département du Wouri et ces derniers sont tous originaires de l’arrondissement de Douala 1er arrondissement qui est composé essentiellement de villages Douala.

                        Des mesquineries politiciennes pas tout à fait innocentes à en croire les responsables de l’Association Nsa’a du Wouri. Pour ceux-ci, il ne fait aucun doute que cela vise à créer la confusion en faisant croire que les Nsa’a du Wouri sont des émigrés de la Sanaga-Maritime auquel cas ils n’ont pas droit de cité dans le département du Wouri et partant dans la ville de Douala, mieux qu’elle est inexistante voire absente. C’est pourquoi dans la lettre suscitée, l’Association Nsa’a rappelle au Chef de l’Etat si besoin est que : «Le peuple Bassa du Wouri dont le Canton couvre les arrondissements de Douala 3è et 5è n’est pas absent comme le prétendent certains rapports administratifs et politiques.» Et de poursuivre : «Il est bien présent et ne demander qu’à apporter sa contribution bien que modeste, à l’édification d’un Cameroun fort et prospère».

 

                       Rétablir l’injustice d’un gros préjudice

                    Au lieu de leur intégration dans la gestion administrative et politique de la cité et particulièrement dans les arrondissements de Douala 3è et 5è qui sont leurs terres natales, le peuple du canton Bassa du Wouri dit être repoussé par ceux à qui, il a offert son hospitalité légendaire. Conséquence : « Il n’est pas admis par ceux qui croient être plus introduits dans les sphères de grandes décisions». Sinon ajoutent les élites Nsa’a du Wouri : «Les Bassa du Wouri devraient avoir des représentants à un haut niveau des instances de notre parti et évidemment adhérer comme tous les autres peuples à ses idéaux, au lieu d’être réduits et maintenus aux rôles subalternes dans le parti et confinés au remplissage des listes électorales aux prix de courbettes toute honte bue.» C’est pourquoi, elles lancent urbi et orbi cette interrogation : «Aujourd’hui les sénatoriales, demain les législatives, les municipales et les régionales. Où est donc la place des ressortissants Bassa du Wouri au moment où la mise en place des nouvelles institutions passe à la phase pratique ?» Evidemment, tout le canton Bassa du Wouri attend vivement la réponse du Chef de l’Etat et président national du Rdpc. Parce que excédés de se soumettre aux désidératas des faiseurs de rois qui choisissent en leur lieu et place des gens qui sont certes des militants, mais qui n’ont pas de capacités représentation certaines.

                                                                                                                                                                            Mathieu Nathanaël Njog

 

 

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